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Sécheresse oculaire

La sécheresse oculaire est l'une des causes les plus fréquentes de consultation. Elle survient quand les larmes sont insuffisantes ou de mauvaise qualité pour protéger la surface de l'œil. Dans la majorité des cas, elle est liée à un mauvais fonctionnement des glandes des paupières.

Rédigé par le Dr Nassim Bendellali, ophtalmologiste.
Dernière relecture : octobre 2026.

L'essentiel

  • Elle peut paradoxalement faire pleurer les yeux.
  • Le plus souvent, les larmes s'évaporent trop vite parce que les glandes du bord des paupières fonctionnent mal : c'est la blépharite.
  • Les larmes artificielles soulagent, mais les soins quotidiens des paupières traitent souvent la cause.

Le rôle des larmes

Les larmes forment un film très fin qui nourrit, protège et lisse la surface de l'œil. Ce film comprend trois couches :

  • une couche grasse en surface, produite par les glandes de Meibomius situées dans le bord des paupières, qui empêche l'évaporation ;
  • une couche d'eau, produite par la glande lacrymale ;
  • une couche de mucus au contact de l'œil, qui permet aux larmes d'adhérer.

Quand l'une de ces couches fait défaut, le film se rompt trop vite, la surface de l'œil s'assèche par endroits et s'irrite.

Deux mécanismes, souvent associés

Des larmes qui s'évaporent trop vite

C'est de loin la situation la plus fréquente. Les glandes de Meibomius produisent une graisse trop épaisse ou se bouchent : la couche grasse est insuffisante et l'eau des larmes s'évapore. Cette atteinte des glandes fait partie de la blépharite chronique.

Paupière saine
Blépharite
La paupière vue de face, comme si la peau était transparente. Les glandes de Meibomius, alignées dans l'épaisseur de la paupière, s'ouvrent par de minuscules orifices au bord, juste derrière les cils. Dans la blépharite, les orifices se bouchent (en jaune), le bord de la paupière rougit et de petites croûtes entourent la base des cils.

Des larmes produites en quantité insuffisante

La glande lacrymale produit moins d'eau, avec l'âge, sous l'effet de certains médicaments ou, plus rarement, d'une maladie générale comme le syndrome de Gougerot-Sjögren.

Les symptômes

  • sensation de sable, de grain ou de corps étranger ;
  • brûlures, picotements, yeux rouges ;
  • paupières lourdes, collées ou irritées au réveil ;
  • fatigue visuelle, vision qui se brouille et s'éclaircit en clignant ;
  • larmoiement réflexe, surtout au vent ou au froid ;
  • gêne avec les lentilles de contact ou en fin de journée devant un écran.

Ce qui favorise la sécheresse

  • l'âge et, chez la femme, la ménopause ;
  • la blépharite et les glandes de Meibomius bouchées ;
  • une rosacée, une peau grasse ou une dermite séborrhéique ;
  • le travail sur écran, la climatisation, le chauffage, le vent, l'avion ;
  • le port de lentilles de contact ;
  • certains médicaments : antidépresseurs, antihistaminiques, traitements de l'acné, de l'hypertension, collyres contenant des conservateurs ;
  • une chirurgie des yeux ou des paupières, souvent de façon transitoire ;
  • une paupière qui ferme mal ou ne s'applique plus contre l'œil.

Les écrans

Devant un écran, on cligne beaucoup moins souvent et de façon incomplète. Les glandes des paupières sont moins sollicitées et les larmes s'évaporent davantage.

  • toutes les 20 minutes, regardez au loin 20 secondes et clignez franchement plusieurs fois ;
  • placez l'écran un peu sous le niveau des yeux, pour moins ouvrir les paupières ;
  • évitez l'air soufflé vers le visage et aérez les pièces.

Ce que regarde l'ophtalmologiste

L'examen au biomicroscope permet d'évaluer la sécheresse et sa cause :

  • un colorant jaune, la fluorescéine, montre les zones abîmées de la surface de l'œil et mesure le temps que met le film de larmes à se rompre ;
  • l'examen du bord des paupières et une légère pression sur les glandes de Meibomius montrent la qualité de leur sécrétion ;
  • un petit papier placé au bord de la paupière inférieure peut mesurer la quantité de larmes produites ;
  • certains cabinets disposent d'une imagerie des glandes des paupières.

Les traitements, étape par étape

1. Les bons gestes au quotidien

Écrans, environnement, démaquillage soigneux : ce sont les bases, décrites plus haut.

2. Les larmes artificielles

Préférez les produits sans conservateur si vous les utilisez plusieurs fois par jour. Les gels, plus épais, sont utiles le soir. En cas de sécheresse par évaporation, des larmes contenant des lipides peuvent être plus efficaces.

3. Les soins des paupières

Quand les glandes des paupières sont en cause, c'est le traitement le plus important : chaleur, massage et nettoyage du bord des paupières, tous les jours. Ils agissent sur la cause, là où les larmes artificielles soulagent seulement.

Voir les soins des paupières pas à pas

4. Les traitements prescrits

Dans les formes persistantes, l'ophtalmologiste peut proposer un collyre anti-inflammatoire au long cours, une courte cure de corticoïdes en gouttes, un traitement de la blépharite, ou de petits bouchons placés dans les points lacrymaux pour garder les larmes plus longtemps sur l'œil.

5. Les traitements en cabinet

Des techniques réalisées par l'ophtalmologiste, comme la lumière pulsée ou les traitements thermiques des glandes, peuvent aider dans les atteintes des glandes de Meibomius qui résistent aux soins. Elles ne sont en général pas remboursées.

Consultez rapidement si votre œil devient douloureux, très rouge, sensible à la lumière, ou si votre vision baisse : ce ne sont pas des signes de simple sécheresse.

Questions fréquentes

Pourquoi mes yeux pleurent-ils s'ils sont secs ?

Quand la surface de l'œil est irritée, elle déclenche un larmoiement réflexe. Ces larmes de secours sont surtout faites d'eau et ne protègent pas durablement l'œil.

Puis-je utiliser des larmes artificielles tous les jours ?

Oui. Les produits sans conservateur peuvent être utilisés aussi souvent que nécessaire, sans risque d'accoutumance.

La sécheresse oculaire se guérit-elle ?

Elle est souvent chronique, mais elle se contrôle très bien quand on traite sa cause, en particulier avec des soins réguliers des paupières.

Les compléments en oméga-3 sont-ils utiles ?

Leur intérêt est discuté : les études donnent des résultats contradictoires. Une alimentation riche en poissons gras reste une bonne habitude.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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