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Cataracte

La cataracte est l'opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle située à l'intérieur de l'œil. Elle est très fréquente après 65 ans et se traite par une chirurgie courte, réalisée le plus souvent en ambulatoire.

Rédigé par le Dr Nassim Bendellali, ophtalmologiste.
Dernière relecture : octobre 2026.

L'essentiel

  • La vue baisse lentement, les couleurs paraissent ternes et l'éblouissement gêne.
  • Ni les lunettes ni les gouttes ne font disparaître une cataracte : seule la chirurgie la traite.
  • On opère quand la gêne dans la vie quotidienne le justifie, il n'y a en général pas d'urgence.

Qu'est-ce que la cataracte ?

Le cristallin est une lentille transparente placée derrière l'iris. Il fait la mise au point des images sur la rétine. Avec l'âge, les protéines qui le composent se modifient et il devient progressivement trouble, un peu comme une vitre qui s'embue.

Dans la cataracte, le cristallin (en gris) devient opaque et laisse moins bien passer la lumière.

La cataracte touche le plus souvent les deux yeux, mais pas forcément au même rythme. Elle n'est ni contagieuse, ni douloureuse, et ne rend pas aveugle de façon définitive puisqu'elle se traite.

Les symptômes

  • une vue floue ou voilée, de loin comme de près ;
  • un éblouissement par le soleil ou les phares la nuit, avec parfois des halos autour des lumières ;
  • des couleurs moins vives, qui tirent vers le jaune ou le marron ;
  • le besoin de plus de lumière pour lire ;
  • des changements fréquents de correction de lunettes, parfois avec une vision de près qui s'améliore temporairement ;
  • plus rarement, une vision double d'un seul œil.

Causes et facteurs de risque

La cause principale est le vieillissement naturel du cristallin. Certains facteurs favorisent une cataracte plus précoce :

  • le diabète ;
  • un traitement prolongé par corticoïdes, en comprimés ou en gouttes ;
  • le tabac et l'exposition prolongée au soleil sans protection ;
  • un choc sur l'œil ou une chirurgie oculaire antérieure ;
  • une forte myopie ou une inflammation chronique de l'œil.

Il existe aussi des cataractes présentes dès la naissance. Elles nécessitent une prise en charge rapide pour que la vision de l'enfant se développe normalement.

Le diagnostic

L'ophtalmologiste mesure votre acuité visuelle puis examine le cristallin au biomicroscope, après avoir dilaté la pupille avec des gouttes. La dilatation brouille la vue quelques heures : il vaut mieux ne pas conduire après l'examen. L'examen du fond d'œil permet de vérifier que la rétine et le nerf optique sont en bonne santé, car une autre maladie peut s'associer à la cataracte.

L'opération de la cataracte

C'est l'une des interventions les plus pratiquées en France. Le chirurgien retire le cristallin opacifié par une incision de quelques millimètres, puis le remplace par un implant artificiel qui reste en place à vie.

Avant l'intervention

Un bilan mesure précisément votre œil pour calculer la puissance de l'implant. C'est le moment de discuter de votre vision souhaitée après l'opération : bonne vue de loin avec des lunettes pour lire, ou implants plus élaborés.

Le jour de l'opération

L'intervention dure en général entre 10 et 20 minutes. Elle se fait le plus souvent sous anesthésie locale, par gouttes ou par injection autour de l'œil. Vous êtes éveillé mais ne ressentez pas de douleur. Vous rentrez chez vous le jour même, accompagné. On opère un œil à la fois, le second quelques jours ou semaines plus tard.

Les différents implants

  • Implant monofocal : il corrige la vision à une distance, en général de loin. Des lunettes restent nécessaires pour lire.
  • Implant torique : il corrige en plus un astigmatisme important.
  • Implants multifocaux ou à profondeur de champ étendue : ils réduisent la dépendance aux lunettes, au prix parfois de halos la nuit. Ils ne conviennent pas à tous les yeux et peuvent entraîner un reste à charge.

L'opération de la cataracte fait-elle mal ?

Comparer les implants en détail

Après l'opération

La vue s'améliore souvent dès les premiers jours. Les consignes habituelles sont :

  • mettre les gouttes prescrites, en général pendant quelques semaines ;
  • porter une coque de protection la nuit pendant les premiers jours ;
  • ne pas frotter l'œil et éviter la poussière, le maquillage et la piscine le temps de la cicatrisation ;
  • reprendre la conduite seulement après accord de l'ophtalmologiste.

De nouvelles lunettes sont prescrites environ un mois après l'opération, une fois l'œil stabilisé.

Contactez rapidement votre chirurgien en cas de douleur qui augmente, d'œil de plus en plus rouge ou de baisse de vision dans les jours qui suivent l'intervention. Une infection est rare, mais elle doit être traitée en urgence.

La cataracte secondaire

Des mois ou des années après l'opération, la membrane qui maintient l'implant peut s'opacifier et la vue se voiler de nouveau. Ce n'est pas une récidive : un laser indolore, réalisé en consultation en quelques minutes, rend la transparence.

Prise en charge

L'opération de la cataracte est prise en charge par l'Assurance maladie. Selon l'établissement, le chirurgien et le type d'implant choisi, des dépassements d'honoraires ou un supplément pour un implant spécifique peuvent rester à votre charge ou à celle de votre mutuelle. Demandez un devis avant l'intervention.

Questions fréquentes

Faut-il attendre que la cataracte soit « mûre » pour l'opérer ?

Non. Cette notion est ancienne. On opère dès que la cataracte gêne vos activités : lecture, conduite, travail ou loisirs.

L'opération fait-elle mal ?

Non. Grâce à l'anesthésie locale, on peut ressentir une légère pression ou voir des lumières, mais pas de douleur. Une sensation de sable dans l'œil est fréquente les premiers jours.

La cataracte peut-elle revenir ?

Le cristallin est retiré, la cataracte ne peut donc pas réapparaître. Un voile peut toutefois se former derrière l'implant : c'est la cataracte secondaire, qui se traite au laser.

Pourrai-je me passer de lunettes ?

Avec un implant monofocal, des lunettes restent généralement nécessaires pour lire. Certains implants permettent de s'en passer plus souvent : parlez-en avec votre chirurgien.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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